Il y a des parts de soi qu’on apprend tôt à cacher. Des élans qu’on juge trop naïfs, trop bruyants, trop pleins. Aimer trop fort, trop haut, trop sincèrement. J’ai longtemps cru qu’il fallait s’en défaire - qu’à force d’années, on devait apprendre la retenue, la distance, le calme des adultes. Mais avec le temps, j’ai compris que cette intensité n’était pas une faiblesse. C’était une forme de curiosité tendre. Une manière de dire au monde : je suis encore touchable.
Aimer un artiste, c’est s’inventer un abri. Un territoire intérieur fait de sons, de mots et d’images, où tout semble plus vrai. Ce sont des refrains qui s’invitent sans prévenir, des phrases qu’on garde comme des talismans, des mélodies qui nous aident à remettre le monde à sa place. Dans mon abri, il y a Taylor Swift.
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